Rentrée
des classes, et salle comble ce matin à l’Ecole de Journalisme de
SciencesPo à Paris où Jay Rosen, professeur de journalisme à la New
York
University et l’un des gourous américains du journalisme web, est venu
donner
la leçon inaugurale en montrant que démocratisation de la prise de
parole et transfert
de pouvoir des médias vers l’audience, loin de signifier « tous
journalistes », favorisaient des
formes plus riches d’exercice du métier.
Voici
ses 10 conseils donnés aux étudiants de 1ère année :
Le journalisme de données commence à prendre son essor en France, mais les données publiques, contrairement à d’autres pays, n’y sont pas encore totalement libérées ou facilement accessibles.
Cette semaine à Marseille, lors de la seconde conférence Lift France (technologie & prospective), les appels se sont multipliés pour libérer gratuitement les données publiques. L’enjeu est économique, démocratique et social. Les données sont le pétrole de la nouvelle société de l’information.
Hélas, aujourd’hui, « nous avons l’état d’esprit du 19ème siècle, les méthodes du 20ème et les besoins du 21ème », a joliment résumé Sam Pitroda, conseiller en technologies de l’information du Premier ministre indien.
Les
modalités
du concours 2010 sont ici. Pour tenter sa chance en français, il vous faut
viser le prix « General Excellence
in Online Journalism, Non-English », décliné en deux versions :
grands sites (plus d’un million de visiteurs uniques /mois)
et petits sites. Chaque prix est doté de 3.000 $.
Dans l'agenda des médias traditionnels, deux
phénomènes synchrones convergent cette année pour tenter de faire rentrer le
génie Internet dans la bouteille : l'érection de nouveaux murs payants en ligne
et l'arrivée des tablettes, iPad en tête.
Deux phénomènes, qui remettent de la structure dans des contenus
fragmentés, redonnent du contrôle aux éditeurs sur l'accès, et nourrissent leur
espoir de mettre fin au tout gratuit numérique.
Pour ces médias traditionnels, qui n'en finissent pas d'être chamboulés
par la révolution de l'information, les nouveaux usages et la crise économique,
l’idée est de tenter de retrouver une marge de manoeuvre, un ballon d'oxygène,
pour leurs modèles économiques à bout de souffle, qui ne parviennent plus à
financer les contenus capables de capter l’attention du public du 21ème siècle.
Dans le même temps se mettent en place les infrastructures mondiales,
pour des connexions de masse, qui accroissent le volume d’informations,
accélèrent leur vitesse de circulation et réduisent leur durée de vie dans un
web de plus en plus social, personnalisé et instantané, et où les gens passent
de plus en plus de temps, chez eux ou en déplacement.
La progression de cette toile de fond, qu'est l'Internet, n'est pas
linéaire, mais bien exponentielle, même si le web s'est désormais fracturé,
sous l'influence d'Apple, voire d’Amazon, avec leurs nouveaux univers
d'applications.
Douche froide pour les éditeurs cet après-midi au Geste, à Paris, à l'écoute des résultats de l'étude Precepta sur les business models des médias en ligne français. Même si la plupart savaient à quoi s'en tenir.
D'abord ce chiffre inquiétant: leurs revenus web n'ont représenté l'an dernier que 2,8% du chiffre d'affaires total des médias français (410 millions € sur 14,3 milliards).
On est loin des 10% espérés il y a encore quelques années ou des 20% annoncés aujourd'hui par certains...
De plus en plus de médias privés, en Europe, dénoncent
la
concurrence jugée déloyale, sur Internet, de grands médias du secteur
audiovisuel public.
La semaine dernière à Budapest, l'agence
de presse finlandaise STT a décrit à ses homologues européens, sa lutte, y
compris à Bruxelles, contre Yle , le groupe
public
de télévision de son pays qui offre ses contenus gratuitement à tous
(journaux,
sites web, écrans publics...)
Selon STT, le monde des médias en Finlande est
désormais coupé en
deux camps: les médias publics qui s'achètent une bonne conscience aux
yeux des
politiques en remplissant une mission d'intérêt général; et les médias
privés.
La Commission européenne a été saisie d'une plainte de STT pour aides
publiques
illégales il y a plus d'un an, mais tarde à répondre. Elle a publié en
juillet 2009
une recommandation demandant un contrôle a priori par un organisme
indépendant
dans chaque pays des nouveaux services importants lancés par des médias
publics.
Dans l’univers des médias américains où les mauvaises nouvelles sur leur avenir constituent plutôt le quotidien des journalistes, deux îlots de recrutement viennent renverser la tendance : l’agence d’informations économiques et financières Bloomberg et plus étonnant le numéro un des sites d’informations Yahoo. Yahoo USA embauche des journalistes et des bloggeurs, et non des moindres.
Leur rédacteur en chef pour les blogs, Jamie Mottram, a confirmé la semaine dernière pour le New York Observer qu’ils avaient déjà recruté une trentaine de plumes et comptait encore en embaucher une dizaine pour le démarrage à l’été d’une série de blogs notamment sur la politique, le sport, le monde du spectacle, la finance et les faits de société.
"Slow Journalism", format long, entretiens fouillés, narration riche, multimédia et interactive, enquête courageuse, captivante et informative: "Prison Valley", le nouveau webdocumentaire d'Arte et d'Upian, disponible aujourd'hui sur le Net, offre des pistes prometteuses pour le journalisme de demain, celui qu'il faut aider, défendre et promouvoir.
Non traditionnelle dans sa narration, son design et son interactivité, cette enquête sur l'industrie de la prison dans un coin perdu du Colorado tient du documentaire, du journalisme et du grand reportage.
"C'est autant un roadmovie participatif qu'un webdocumentaire ou un projet audiovisuel", résume Joël Ronez, responsable du pôle web d'Arte France.
Il y a donc du chemin à faire, comme le dit Damien Van Achter, de la RTBF !
Pourtant, assure Jean-François Julliard, directeur de Reporters Sans Frontières, "nous ne faisons pas de différence entre les anciens et les nouveaux médias. Ce sont deux combats qui vont de pair. Nous défendons autant Le Monde que Twitter ou Facebook".