Les principaux éditeurs de journaux allemands réclament une protection légale contre le piratage sur internet. « Il ne peut y avoir de zone de non-droit sur internet », écrivent les éditeurs dans une résolution adoptée le 8 juin à Hambourg. Les signataires - les maisons d’édition Axel Springer AG, Bauer Media Group, Ganske Verlasgruppe, Gruner + Jahr, Spiegel Verlag et Zeit Verlag- réclament des législateurs et des gouvernements, en Allemagne et dans le monde, une meilleure protection de la propriété intellectuelle.
« De nombreux prestataires sur l’internet se servent du travail des auteurs, des maisons d’édition et des stations de radio et de télévision sans payer », relève la résolution, également soutenue par l’agence de presse allemande dpa. «L’utilisation sans autorisation de la propriété intellectuelle de tiers doit rester interdite ».
«C’est parce que nous ne voulons aucune subvention que nous avons besoin de soutien dans la protection de la propriété intellectuelle », a expliqué le président du conseil d’administration de Springer, Mathias Döpfner, devant plusieurs centaines de congressites au Mediendialog de Hambourg. Dans un pays où les grandes entreprises hésitent de moins en moins à demander l’aide de l’Etat face à la crise économique, la presse s’y refuse, au nom du maintien de son indépendance.
Döpfner a souligné que la résolution ne devait pas être interprétée comme une déclaration de guerre contre Google. « Google aussi doit respecter les règles du jeu, ou pour mieux dire les lois », mais donne, selon lui, des signes de vouloir mener un dialogue constructif avec les éditeurs.
La presse allemande a souffert beaucoup moins de la crise que celle d’autres pays européens, où la concurrence des journaux gratuits a aggravé la situation. Le président de l’Association européenne des éditeurs de journaux (ENPA) Valdo Lehari jr. a estimé pour l'agence dpa à 30% la baisse des revenus publicitaires en Grande Bretagne, en France, en Espagne et en Italie pour l’année 2009. En Allemagne elle ne devrait être que de 8 à 10%.
L’idée de faire payer les contenus sur internet n'a pas reçu d’écho favorable en Allemagne mais en revanche celle de faire reconnaître un « droit à la protection des prestations » fait son chemin depuis quelques mois. La protection des droits d’auteurs, telle que définie actuellement par la loi, est très rarement accordée par les tribunaux à des articles de presse.
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