"Les révolutions sont chaotiques, elles brisent des vies, les révolutions sont violentes" a continué Charlotte Hall.

Mais le volontarisme américain a vite repris le dessus, pour montrer à ceux qui considérent les journalistes comme "des dinosaures", qu'ils "ne renoncerons pas", animés par leur passion "des informations vérifiées,  de l'investigation et du témoignage qui finiront par prévaloir dans cette cacophonie de mots et d'images qui nous interpellent".

Elle a appelé les rédacteurs en chef à "diriger le changement (...) à partager les idées innovantes et les échecs innovants".

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles dans les salles de rédaction. Selon une étude commandée avant la Convention, le nombre des journalistes dans les quotidiens américains a diminué de 4,4 % en 2007, la plus forte baisse en 30 ans. 2.400 postes ont disparu l'année dernière. Mais d'autres chiffres relativisent ce résultat: il y avait 43.000 journalistes à temps plein dans les quotidiens en 1978, ils étaient 52.600 en 2007. Depuis 2001 l'hémoragie est de 3.800 postes supprimés. Il y a 1.411 quotidiens aux Etats Unis. 

Même le New York Times n'échappe pas aux restructurations. Une centaine de salariés doivent perdre leur travail. Un guichet départ sur la base du volontariat a été ouvert. Faute de candidats, il sera procédé à des licenciements individuels a prévenu un mémo interne publié mardi, annonçant qu'il ne restait plus que quelques jours avant la fermeture du guichet.

Le groupe New York Times a vu ses revenus baisser de 6,4% en mars par rapport au même mois de l'année dernière, 2007, selon des résultats publiés jeudi. La baisse des recettes publicitaires est de 11,1% alors que les recettes tirées de la diffusion ont augmenté de 1,7%. Le site du journal a attiré 18,9 million de visiteurs uniques en mars, une hausse de 30% par rapport au même mois de l'année dernière. Ce site est le premier des quotidiens américains. Le chiffre d'affaire du groupe a été de 3,2 milliard en 2007.

La Convention a été l'occasion d'entendre des prédictions catastrophiques, avec le tiers des journaux voués à disparaitre dans les dix ans, mais aussi des messages d'espoir. Ceux des patrons de Kodak et de Procter and Gamble qui ont su relancer leur entreprise vieillissante, dépassée par les évolutions technologiques.

Le téléphone mobile, très en retard technologiquement aux Etats Unis, est aussi un nouveau débouché très prometteur. Les connections via mobile sur le site du New York Times sont ainsi passées de 500.000 en février 2007 à 14 millions un an plus tard.

AP a annoncé le lancement d'un nouveau produit pour les téléphones, en particulier l'Iphone d'Apple, qui permettra de mélanger les nouvelles locales de ses coopérateurs (clairement identifiées et rémunérées par le partage de la publicité) avec les informations nationales et internationales d'AP. Associated Press a subi une attaque en règle des membres de l'ASNE qui lui ont reproché en vrac ses tarifs, la complexité de sa nouvelle grille de prix, ses produits jugés inadaptés aux besoins de  presse locale, ou ses dépenses à l'international. 

Les trois candidats à la présidentielle ont saisi l'occasion de la Convention pour passer leur examen devant les cadres la presse quotidienne. Le vainqueur indiscutable à l'applaudimètre a été le républicain John McCain, salué par une standing ovation pour sa défense des libertés de la presse. Barack Obama a dû se contenter du plus grand succés d'audience avec 1.200 participants payants au déjeuner d'AP, un record absolu dans les 162 ans de l'agence. Quand à Hillary Clinton elle a eu droit à des applaudissements polis.   

 

 http://www.asne.org/index.cfm?id=6936