(JupiterResearch)


« La France constitue bien aujourd’hui un indicateur clé pour savoir où le reste de l’Europe va aller », a-t-il ajouté lors du séminaire européen « Contenus créatifs en ligne », organisé par le Ministère de la Culture et de la Communication, dans le cadre de la Présidence française de l’UE.

L’essor du « broadband » depuis deux ans et demi, y est même supérieur que dans les pays scandinaves, comme le Danemark ou la Norvège.  

Autres enseignements de cette journée :

1/ Les jeunes dictent les tendances sur les comportements en ligne. Et, surtout cela va continuer, tout simplement parce qu’ils ont plus de temps.  Jusqu’ici, les jeunes, une fois entrés dans la vie active, copiaient le style de vie de leurs parents. Pour le numérique, c’est l’inverse : les vieux imiteront les jeunes! Déjà des voix s’élèvent pour avoir des chiffres sur les audiences de 8 à 14 ans ! Le quart de la population française est aujourd’hui « digital natives » ! Agnès Touraine, Associée Acte III Consultants, a cité un chiffre incroyable quantifiant le « multitasking » des jeunes, aujourd’hui capables de consommer 20 heures d’équivalent média en 7 heures, via 3 ou 4 supports différents! (source PCW).  D’ores et déjà, « l’écoute de la musique en streaming accompagne la totalité du temps PC », a précisé Gilles Fontaine, de l’IDATE.   

2/ Ils ne paieront pas. Au moins pas dans un avenir proche. Mulligan encore : « Nous avons perdu cette bataille. L’internet est un média gratuit, ce qui veut dire des difficultés en perspectives pour les sites de news qui n’ont toujours pas réussi à trouver le bon modèle économique. Des médias traditionnels et réputés vont disparaître ». Les autres apprennent. Si la musique n’a pas appris très vite, la télévision a retenu des leçons et pourrait bien s’en sortir : avec du live streaming et de la vod gratuits ». « Elle  verra le business modèle plus tard (probablement un mix de pub, syndication et licence de contenus) ! Mais au moins, elle n’a pas perdu le contact avec l’audience ! Même gratuit, le contenu reste un certain temps dans son éco-système».  Selon l’IDATE, 95% (sic) des Français en ligne piratent des contenus sur le web et le paiement sous forme de forfait est un échec en Europe : 0,1% des paiements ! Aujourd’hui, l’essentiel de l’activité en ligne consiste en des échanges de vidéo.

3/ Ceux  qui s’en sortent le mieux :

  • Les jeux vidéos : les « drm » marchent, l’audience jeune paie et l’audience plus âgée s’y met ! 52% des internautes Français jouent en ligne (71% pour les 16-24 ans). PriceWaterHouse prévoit une croissance annuelle de ce secteur de 16% ces prochaines années.
  • L’information professionnelle, car c’est l’entreprise qui paient !  

4/ Les contenus UGC (produits par le public) restent limités.  Moins de 0,2% des contenus mis en ligne sur les sites de partage vidéo sont produits et réalisés par des amateurs, selon l’IDATE. Les réseaux sociaux permettent d’échanger des contenus mais rarement d’en créer. La priorité est donnée aux contenus professionnels, souvent copiés ou piratés, mais professionnels. A noter l’énorme valeur de la plate-formequi agrège les contenus. Sans elle, les contenus en ont peu.

En démarrant ce séminaire, le député au Parlement européen, Ignasi Guardans, a réclamé à l’exécutif « du courage » car « la réaction de plus en plus organisé des internautes fait de plus en plus peur aux politiques ».  Mais il les a aussi exhorté à ne pas faire de « résistantialisme » (sic) sur les contenus, "type village gaulois assiégé, pour sauver ou protéger quelque chose en voie d’extinction. Ce n’est pas le bon modèle ».