« Fin de la TV » : en fait, c’est plutôt de « la fin du broadcasting et de la mort de la grille des programmes » dont il s’agit, a précisé Veron, ce matin à l’occasion lors d’un Colloque au Sénat pour les 20 ans de la revue Hermès.  

Jusqu’ici, le producteur de contenus TV était dans la situation incroyablement confortable de pouvoir programmer à la fois l’offre et la demande. Désormais, le marché des médias devient un marché de consommation comme les autres, avec « la mise à mort de la grille des programmes », où « la programmation de la production est passée du producteur au récepteur ». Et « en Argentine, quand un jeune couple s’installe, il n’achète plus de téléviseurs ».

«Crise terminale des quotidiens d’informations » : « elle s’est déroulée encore plus vite qu’on ne le pensait il y a 10 ans ». « La proportion de personnes qui lisent chaque jour un quotidien a diminué de moitié ces dernières années, pour ne représenter plus que 7% en Argentine ». « Ils vont disparaître et très bientôt, il n’y aura plus de gens qui lisent des journaux tous les jours. »    

Dans certains pays, le lien le matin avec le journal était aussi fort qu’avec le JT du soir. « C’est en train de se décomposer totalement. Ca s’est cassé ces 5 dernières années ».  

Dans la simultanéité de la mort du broadcasting et des quotidiens d’informations, Eliséo Veron voit aussi la rupture du lien entre le citoyen et son journal ou sa télé, donc « la question de l’identité sociale et politique» mais aussi  « la question du temps quotidien qui se fragmente complètement ».

     Pierre Assouline, journaliste-écrivain, qui écrit le blog La République des Livres,  a renchéri : « la lecture d’informations est aujourd’hui fragmentée, on ne voit plus la mise en page, le cadre a disparu, la lecture de l’information va changer ». On va passer de la double page du Monde aux morceaux proposés par les agrégateurs. « Internet c’est de la connexion point à point, donc la médiation disparaît ».