Caroline Litlle, qui conseille aujourd’hui la stratégie d’implantation américaine du Guardian, reste lucide :

« Il n’y a pas de mine d’or à ce jour ! Et nous sommes loin de crier victoire. Nous n’avons toujours pas trouvé (le bon modèle d’affaires). Les rédactions rétrécissent, les bureaux à l’étranger ferment, les unités d’enquête sont démantelées, les journaux se battent pour atteindre l’équilibre ».

    S’exprimant à la 3ème conférence annuelle sur l’édition numérique de la WAN à Amsterdam, a prévenu les éditeurs de journaux : il faut bien sûr faire du Web, mais « il faut aussi changer le reste. Le produit de base du journal ».  

 

Les 4 clés du succès Web:

  1. Journalisme multimédia: “avoir désormais un état d’esprit différent pour couvrir les évènements. Se demander quel est le meilleur moyen de raconter cette histoire. Cela paye d’ailleurs mieux en pub (CPM plus élevé autour du journalisme visuel que pour les bannières) et les coûts sont bien moindres que la TV. Ne pas hésiter à recourir aux contenus produits par le public ».  
  2.  L’utilisation systématique des bases de données:parlementaires, politiques, sociales, sportives, liées à la criminalité… « C’est facile à maintenir, important pour des communautés et cela permet d’attirer un grand nombre de gens fidèles qui reviennent ».
  3.  Engager l’audience : « pour mieux la connaître et lui permettre de participer. Oui, il y aura du déchet, mais les avantages sont bien supérieurs aux inconvénients. Publier sur le web n’est que le début du processus : les journalistes doivent le comprendre. Cela permet aussi plus de transparence ».
  4.  Dissémination : « dans un monde de fragmentation des fournisseurs d’informations, les médias ne peuvent plus contrôler toute leur distribution (…) Les flux RSS, newsletters, widgets, et autres Flickr ne sont peut être pas bons pour votre site web mais ils sont bons pour vos contenus. Il faut mettre à l’eau autant de lignes que possible ». Le Washington Post, plutôt connu pour sa couverture politique et internationale, est devenu un leader de communautés en ligne autour du jardinage ! « Tirez profit de la désintégration de votre produit de base ! »

 

“Gardez un pied bien ancré dans vos valeurs journalistiques liées à vos métiers de base, et qui rapportent aujourd’hui bien plus que le reste, et tendez l’autre aussi loin que vous pouvez, pour tester de nouvelles choses dans ce nouveau média ».

 

Car même au Washington Post ou au Guardian, le web ne représente toujours moins que 20% des revenus, a-t-elle ajouté. « Nous sommes toujours loin du compte ! ».