Qu’on en juge ! Il faudrait :

  • Aligner les obligations et la responsabilité des journalistes-citoyens, des blogueurs, -en tous cas des plus actifs-, sur ceux des journalistes professionnels. Créer des seuils pour les identifier.   
  • Répartir les responsabilités entre la plate-forme d’accueil et les producteurs d’UCC. Comme pour les profits !
  • Créer un nouveau statut entre celui de l’éditeur (responsable de tout) et celui de l’hébergeur, ou au moins dire laquelle de ces deux catégories s’applique aux plateformes UCC.
  • Ne pas introduire d’exception aux règles de copyrights pour les contenus UCC.  
  • Beaucoup mieux protéger les internautes et les utilisateurs face à l’exploitation marketing ou le partage de leurs données personnelles. Aujourd’hui, ils n’ont pas le choix. Ils manquent de droits, surtout si c’est leurs contenus qui sont utilisés.
  • Bien s’assurer que les solutions technologiques ne viennent pas remplacer la justice et respectent les droits fondamentaux. 

 

     Baptisée « User Created Content – Soutenir une société de l’information participative », cette étude internationale commandée par la Commission, et réalisée par l’IDATE et deux cabinets néerlandais, TNO et IViR, n’a que trop tardée, estiment les médias traditionnels.

    

« Y en a marre de ne protéger que la liberté d’expression, et pas le reste », s’est exclamé le représentant de Disney. « Le public n’est pas équipé. C’est comme si on donnait des voitures aux teenagers et qu’on en accepte les conséquences sans rien dire! » S’adressant directement à la Commission : « En plus, vous n’êtes même pas en mesure de faire appliquer quoi que ce soit » !   

 

       D’autant qu’il n’y a plus de contrôle de l’offre. Quand c’est sur l’Internet, il n’y a aucun moyen de contrôler ou d’enlever, a renchéri un représentant de médias traditionnels.

 

     « C’est vrai, les amateurs ne sont pas formés en économie ou en droit, mais ils arrivent à produire des contenus de qualité professionnelle », a répondu un juriste, auteur de l’étude. « Une solution est, sans doute aussi, de faire progresser la prise de conscience du public et des utilisateurs» surtout si, comme c’est le cas de plus en plus, « les compétences audiovisuelles sont aujourd’hui dominantes dans la société ». L’étude préconise de faire de l’alphabétisation numérique et des bonnes pratiques dans les médias une priorité.

     

     Même tension pour les données personnelles, qui constituent la monnaie en circulation dans le Web 2.0 :

« si la vie privée est utilisée pour faire de l’argent, vous devez traiter le problème », a lancé Disney à la Commission.

   

« Quand vous postez quelque chose sur ce type de plateforme, vous donnez votre âme, vous donnez tout ! », a estimé un autre intervenant.

 

      Les représentants de Google, Facebook et DailyMotion ont cherché à disqualifier l’enquête (en gros : vous n’avez pas compris l’ampleur du phénomène) et à vanter les mérites des médias sociaux (free speech, lien social, organisation d’évènements charitables, et même le succès d’Obama).

 

      Mais l’étude estime aussi que la vraie valeur de l’UCC n’est pas dans les contenus amateurs. Elle pointe du doigt les comportements d’utilisateurs qui s’orientent, selon elle, en grande majorité sur « les contenus professionnels », en particulier les séries TV, proposés sur ces plateformes. Sous entendu, postés souvent de manière illégale.

     

Faux, a répondu DailyMotion, « ils ne se dirigent pas automatiquement vers des contenus illégaux, et, d’ailleurs, nous avons des accords avec des médias pros ».

       

Ce n’est pas au secteur industriel ou aux gouvernements de juger de la qualité des contenus, ont estimé les sociétés Internet. Et puis, franchement, arrêtez de nous donner des leçons ! Regardez donc la qualité des programmes de télévision dans la journée !

     

                Youtube : 13 heures de contenus UCC postés par minute !

 

      Pour le représentant de Google à Bruxelles, « l’UCC est quel que chose de très important, très lié aux réseaux sociaux». L’UCC, a-t-il expliqué ce sont les critiques de livres d’Amazon, les blogs,… Ce sont des liens horizontaux, et pas nécessairement une concurrence entre professionnels et amateurs ».   

     Quant à Youtube, il a réfuté tout problème de copyrights. « S’il y a un problème nous nous en occupons. Nous essayons de monétiser les contenus professionnels avec un partage de revenus pub ». « Youtube c’est 80% d’UCC et 13 heures de contenus postés chaque minute ! ». Vous ne pouvez évidemment pas tout monétiser.    

 

       Facebook, de son côté, a regretté que l’étude ne se soit pas penchée sur les réseaux sociaux. « La moitié du Canada est sur Facebook ! Presque autant en Grande Bretagne ! ». Facebook, qui compte 100 millions d’utilisateurs, est le plus gros site de photos du monde avec 4 milliards d’images stockées.

      « L’information aujourd’hui circule de manière horizontale pas verticale ! », résume assez bien le représentant de Facebook.


      Côté business, l’étude montre qu’il n’y pas de lien entre popularité de la plate-forme d’UCC et sa rentabilité. Autrement dit : la pub n’est pas là (moins de 1% des dépenses de pub en ligne !).

Pourquoi ?

  • les marques restent réticentes à s’afficher près de ces contenus
  • les internautes ne sont déjà pas prêts à payer pour des contenus pros, alors imaginez pour les contenus amateurs
  • dès qu’un utilisateur est capable de produire du contenu de qualité, il s’éloigne de ces plateformes.  

 

        Le principal problème de l’UCC aujourd’hui et le 1er obstacle à la rentabilité  de ce secteur c’est la justement pauvreté des contenus UCC, estiment les auteurs de l’étude.

       Ils estiment que le phénomène UCC ralentit actuellement, que dans sa grande majorité le secteur n’est pas profitable (alors que l’audience est importante et la pub bien ciblée) et que le principe de la « longue traîne » ne marche pas.

        Faux, répond Google, la « longue traîne » n’est pas faite pour vendre des vidéos d’amateurs, mais des contenus de qualité qui ne sont plus disponibles ou commercialisés agressivement.  

       Côté utilisateurs, elle note que les producteurs d’UCC ne sont que de « Young Happy Few »: seulement 1% des internautes postent sur le Web, 19% interagissent et 80% regardent.

 

      L’étude estime que la valeur de l’UCC réside probablement plus dans l’expertise technologique de ces services et dans les services qu’ils offrent.

 

       A noter, enfin, que sur le Web, il y a plus de photographes amateurs que de vidéastes, et plus de vidéastes amateurs que de blogueurs ; qu’en Europe, les pays les plus adeptes de l’UCC sont les Pays-Bas, la Grande Bretagne et l’Espagne, mais aussi les pays scandinaves.  

 

 Ps : « UCC » pour contenus « créés » et non pas distribués en P2P ou échangés, comme cela peut être compris dans « UGC ».