« Le journalisme, bercé d’illusions sur sa rentabilité et inquiet des nouvelles technologies, a laissé d’autres lui voler opportunité après opportunité en ligne».


     Les piliers, sur lesquels le journalisme s’est construit, continuent d’avoir de la valeur, comme en témoignent, les gains d’audience sur les sites de news, « mais le problème n’est pas l’audience ou la crédibilité, ce sont les revenus ». Et ce fameux découplage historique observé, dès l’an dernier, entre publicité et journalisme.  

« La publicité en ligne, qui connaissait une croissance à deux chiffres ces dernières années, est maintenant stagnante et, recule même pour les journaux ».

 

      « Le public consomme désormais les informations de manière différente ». Il chasse, collecte, picore ce qu’il veut, quand il veut, utilise le « search » pour trier entre les destinations, et partage ce qu’il a trouvé, via un réseau croissant de médias sociaux ».

   

  « Dans les journaux, la moitié des petites annonces ont disparu vers des sites que les médias auraient pu développer eux-mêmes. Certains experts pensent que cette source de revenu aura disparu dans 5 ans, voire plus tôt ».

Les rédactions des journaux US ont perdu 20% de leurs journalistes depuis 2001, et « 2009 devrait être la pire année ».

 

     Autre inquiétude au sein même des médias : est-ce que « la génération aux commandes, possède la vision et le courage nécessaires pour réinventer le secteur ?».  Or, « traditionnellement, la réinvention ne vient pas de managers qui pilotent de manière prudente ».

    

Voici les grandes tendances observées aujourd’hui:

  • Le débat sur la manière de financer les médias d’informations pourrait bien s’être focalisé sur de mauvaises pistes (micro-paiements, non profit) et en avoir délaissé d’autres plus prometteuses (abonnement à la source d’accès, e-commerce, premium) 
  • Le public semble s’intéresser davantage à un journaliste individuel qu’à une marque  (en raison notamment des outils d’accès et de partage). A l’image des photographes free lance, un journaliste pourrait ainsi offrir son expertise à plusieurs supports.
  •  Sur le web, les médias traditionnels sont désormais moins à la recherche d’attirer l’audience vers leur site, que de propulser leurs contenus vers l’extérieur.
  •  Les partenariats, souvent réalisés sous la pression, représentent désormais la plus grosses part des investissements, et aussi l’espoir.
  •  La progression des chaînes de télévision du câble et en continu, illustre l’essor du temps réel et de prises de parti, dans la couverture journalistique. (Limbaugh, Twitter, Chats, UGC...)
  •  La couverture de la campagne présidentielle 2008 fut plus réactive et passive, et moins orientée vers l’investigation que par le passé.