Globo (Brésil) : la pub web dépasse la TV par câble
Dans son bureau tapissé d'Emmy Awards, Carlos Henrique Schroder s'interroge, comme tous ses homologues dans le monde, sur l'avenir économique des médias. Mais le patron des rédactions du groupe Globo affiche une assurance tranquille, sans paraitre troublé par la crise qui agite le secteur.

Son point fort? Il s'appuie sur la convergence et la force de frappe des différentes entités qui ont fait de Globo un géant des médias au Brésil. Le journal O Globo fondé en 1925 par Roberto Irineu Marinho dont la famille est toujours aux commandes, a donné naissance à ce qui est aujourd'hui un empire de la communication: télévisions, radios, presse écrite avec leurs déclinaisons web, plus divertissement et distribution.
Seizième entreprise brésilienne, le groupe emploie 20.000 personnes.
Globo TV, célèbre pour ses télénovelas (feuilletons populaires) est le joyau du groupe. Avec ses petites soeurs du câble (info, sport...), elle détient 50% du marché, explique Carlos Schroder à l'occasion d'une visite de la direction de l'AFP.
Ainsi, en 2009, les recettes publicitaires ont augmenté de 4% malgré la crise, compensant la baisse de 10% de la presse écrite. Pour cette année, il mise sur une croissance de 20% des revenus publicitaires des télévisions du groupe.
Même s'il affirme que, à ce jour, il est "difficile de gagner de l'argent sur le web", il souligne que 2009 a été marqué par un tournant: pour la première fois, les revenus publicitaires du net ont dépassé ceux du câble.
Au pays du football roi, c'est le sport - avant tout le ballon rond - qui tire les recettes avec 120 millions de pages vues par an.
Le groupe s'est évidemment lancé sur le marché de l'internet mobile pour occuper le terrain mais le dirigeant de Globo ne prévoit pas de profit à court terme au Brésil. Il existe 200 millions de téléphones cellulaires, un par Brésilien, mais 82% d'entre eux utilisent des cartes prépayées. Seuls 7 millions ont les moyens de payer des applications. Conclusion: "Il n'y a pas encore de marché".

(par Michel Leclercq, directeur des bureaux AFP au Brésil)




